Octobre rose, cette année je vous raconte mon histoire

octobre rose

Coucou les Poucinettes !

Aujourd’hui, point d’article beauté, je m’attaque à un sujet beaucoup plus sérieux et délicat. Mais un blog, cela sert aussi à cela…..

Depuis l’ouverture de mon blog il y a un an et demi, je suis avec beaucoup d’intérêt les articles parus à l’occasion d’Octobre rose. J’ai beaucoup lu et de nombreux témoignages m’ont interpelée.

Cette année, je me suis dit que j’allais me lancer dans l’écriture d’un article sur le sujet, étant particulièrement concernée puisque j’ai eu un cancer du sein en 2011.

Cet article n’a pas pour but de larmoyer, de me mettre en avant ou d’écrire simplement un article parmi tant d’autres. J’espère surtout que mon témoignage va vous inciter à vous faire dépister, à vous surveiller vous-même par le biais de l’auto-palpation (qui reste un moyen très efficace puisqu’on se connait bien soi-même et on sait ou on sent lorsque quelque chose « cloche ») et ceci quel que soit votre âge.

Voici mon histoire : J’ai deux enfants, un fils de 21 ans et une fille de 15 ans. Lorsque mon fils est né en 1994, je l’ai allaité et j’ai eu, après quelques jours, une mammite (inflammation très douloureuse du sein) avec une forte fièvre et des douleurs vives dans le sein. J’ai été bien prise en charge et traitée comme il se doit.

Lorsque j’ai eu ma fille en 2001, même scenario : allaitement et mammite. Re-traitement. J’avais alors 37 ans. C’est à ce moment-là que mon gynécologue m’a enjoint de faire une mammographie tous les deux ans. Il faut savoir qu’en principe, les mammographies ne sont recommandées qu’à partir de 50 ans et jusqu’à 74 ans…. J’ai donc régulièrement, tous les deux ans, pris rendez-vous chez mon radiologue pour effectuer cet examen, certes un peu désagréable, mais somme toute tout à fait supportable.

A l’examen de 2011, le radiologue voit sur les clichés quelques petites calcifications qui lui paraissent suspectes. Pour ne prendre aucun risque, il me fait passer une IRM, afin de vérifier qu’il n’y a pas de tumeur sous-jacente. L’IRM ne révèle rien d’anormal, j’étais vraiment soulagée. Mais le radiologue, fort de plus de 40 ans de pratique, m’explique que l’absence de tumeur ne signifie pas qu’il n’y a pas de cellules cancéreuses. Pour s’en assurer, il me fait donc une biopsie et le verdict est tombé : carcinome canalaire in situ, en clair ça voulait dire présence de cellules cancéreuses dans une grande moitié du sein, qui n’avaient pas encore métastasé ailleurs et qu’il était donc indispensable d’envisager une opération.

Rendez vous fut pris chez le chirurgien qui me propose une ablation partielle du sein, afin d’éradiquer au maximum les zones touchées. Avais je le choix ? L’opération a eu lieu, le tissu retiré a été envoyé en analyse pour voir si l’ablation a permis de passer en zone saine. Résultats au bout de 15 jours : négatif, pas de zone saine à l’horizon, il faut procéder à une ablation totale. Pour moi, ce fut un choc énorme. Même si je m’y attendais, j’avais le secret espoir de passer entre les mailles du filet !

Le chirurgien m’a tout bien expliqué, il m’a aussi parlé de reconstruction. J’avais le choix entre une reconstruction par le biais d’une prothèse (mais pour cela il fallait attendre quelques mois après l’ablation), soit une reconstruction immédiate par le biais d’un lambeau grand dorsal. Cette reconstruction consiste à prélever un muscle qui se trouve sous l’omoplate, à le ramener sous la peau au niveau du sein qui a été retiré et à former un nouveau sein. J’ai opté pour cette solution car j’ai toujours été opposée à l’idée d’avoir une prothèse (et cela bien avant le scandale des prothèses PIP).

C’est une chirurgie assez lourde, qui a duré plus de 5 heures. J’ai une cicatrice de 30cm sous l’omoplate, j’ai quelques difficultés à bouger mon bras droit mais j’ai un très joli vrai faux sein, très réussi. Le chirurgien a fait du très bon travail car je n’ai rien perdu de ma féminité, je ne me voyais pas en amazone car pour moi, ma poitrine a toujours été une fierté. Je n’aurais pas supporté l’idée de rester plusieurs mois avec un sein en moins, ni de porter une prothèse. Le seul inconvénient est que c’est un sein dans lequel je n’ai absolument aucune sensation, c’est comme si cette partie était anesthésiée, ceci à cause du fait que pour réaliser cette reconstruction, le chirurgien a été obligé de sectionner quelques nerfs. Je suis restée hospitalisée pendant 15 jours et à ma sortie, j’ai eu une infection par staphylocoque doré. Je vous épargnerai les détails de cette saloperie !

8 mois après l’ablation, mon chirurgien m’a reconstruit l’aréole et le mamelon, en prélevant de la peau à l’intérieur de la cuisse, près du pubis, car à cet endroit la couleur de la peau est très proche de celle du mamelon. Le vrai faux sein était également un peu plus petit, il a donc procédé à un lipofilling, qui consiste à prélever de la graisse abdominale pour l’injecter dans le sein afin de lui faire prendre du volume.

Étant donné qu’il s’agissait d’un cancer in situ, donc sans métastases, j’ai eu la chance de n’avoir ni chimio, ni radiothérapie. La seule contrainte, c’est que je dois prendre encore pendant un an des hormones pour éviter une récidive, puisque mon cancer a été diagnostiqué hormono-dépendant. Aujourd’hui, je vis très bien avec ce « nouveau » sein, même si je ne l’ai jamais vraiment adopté…. Mais ça c’est une autre histoire. La guérison physique est achevée, pour ce qui est du vécu psychologique, j’ai encore du chemin à faire.

Si je vous raconte tout ça, c’est pour vous passer l’information selon laquelle sans la ténacité des médecins qui m’ont suivie, et sans l’obstination de mon gynécologue qui m’a fait passer des mammographies tous les deux ans à partir du 37 ans, je ne serais peut être plus parmi vous aujourd’hui,

Je ne comprends pas pourquoi, en France, on recommande les mammographies de dépistage seulement entre 50 et 74 ans.

Alors chères lectrices, ne faites pas l’impasse sur le dépistage, sur l’auto-palpation, regardez-vous, observez-vous et n’hésitez pas à aller consulter en cas de doute.

Je ne faisais pas spécialement partie de la population à risques, j’ai simplement eu à faire à des médecin consciencieux et qui n’ont voulu prendre aucun risque. Je ne les remercierai jamais assez.

J’espère que cet article vous aura intéressées et surtout incitées à vous faire suivre !

 

 

 

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16 réflexions sur “Octobre rose, cette année je vous raconte mon histoire

  1. Merci pour ton témoignage! Tu as bien raison, il n’y a pas d’âge, malheureusement, j’ai eu à accompagner des personnes encore plus jeunes que toi, qui s’en sont orties également, car dépistées à temps! On ne le dira jamais assez 🙂

  2. coucou

    tu as raison de témoigner pour que les femmes sachent que ça n’arrive pas qu’aux autres, et on a souvent tendance à le penser…..je suis incapable de faire de l’auto palpation……je vais pour un examen le mois prochain
    c’est assez brutal la façon dont cela s’est passé….la reconstruction c’est important pour une femme et être épaulée par son mari et famille, car c’est un choc avant tout …..

  3. Je n’ai volontairement pas parlé du soutien que m’a apporté mon entourage car ce n’était pas le thème de l’article mais il est évident que sans ce soutien, traverser une telle épreuve est impossible.

  4. Tu as eu de la chance d’avoir une ablation totale… Les « médecins » de ma maman n’ont pas voulu le faire et lui ont laissé des tissus pas sains… Et elle n’est plus là aujourd’hui…
    Gros bisous

  5. Coucou Nathalie. Tu as raison, on ne peut jamais être trop prudente et il n’y a pas d’âge pour être victime de cette maladie: une amie, âgée de seulement 36 ans, vient d’avoir ce diagnostic et devra passer par l’ablation totale des deux seins après la chimio et la radio car elle avait des ganglions atteints. Cette maladie est un vrai fléau et il ne faut pas hésiter à publiciser l’importance de l’auto-examen des seins et des examens médicaux: cela peut sauver des vies. Merci pour ce témoignage… Bisous! 🙂

  6. Nathalie, merci de ton témoignage très émouvant. La lutte contre le cancer du sein me tient vraiment à coeur. Je suis touchée de voir tout ce que tu as vécu et traversé. Tu es vraiment une femme forte et je suis heureuse de te suivre même si c’est virtuellement. Je t’avoue que j’ai un peu peur de faire le dépistage. Eh oui il n’y a pas d’âge pour attraper cette horrible maladie et c’est dommage que le dépistage soit recommandé à partir de 50 ans. J’aurai bientôt 38 ans et il faudrait que je songe à faire un dépistage. Bonne journée. Gros bisous.

    • Coucou Corinne, je ne peux que te recommander d’aller faire le dépistage. Ce n’est pas vraiment agréable mais rien d’insupportable non plus. Et puis les technique aujourd’hui sont tellement pointues que l’on dépisté des cancers a des stades très précoces qui peuvent être guéris. N’hésite plus, prends rendez-vous ! Bises

  7. Bonjour misspoucinette
    Et bien oui, j’avoue, j’étais passée à côté de ton article !!!
    Le mien (je parle de cancer lol) a été détecté lors du depistage à partir de 50 ans ou plutôt non, ils ne l’ont pas détecté !! on voyait une masse mais il m’a juste été conseillé de faire un suivi 6 mois plus tard. Comme toi, c’est grâce à la tenacité d’une radiologue de l’hopital qui a décidé de faire une biopsie tout de suite au lieu de suivre les prérogatives du comité de dépistage.
    Et voilà, en fait la tumeur est très grosse et c’est un triple négatif donc pas dépendant aux hormones.
    Ablation, chimio, radiothérapie, c’est parti pour le grand jeu !!
    Tu as bien fait de poser tout cela par écrit 🙂

  8. Coucou Sophie, ça m’a fait un bien fou d’écrire un article sur le sujet et je l’ai fait aussi pour aider celles qui sont touchées par la maladie. Ca m’aurait probablement aidée si en 2011 j’avais déjà eu mon blog, ça m’aurait permis de m’extérioriser et de partager ce que j’ai vécu. Courage me belle !

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